Histoire

L’énergie d’un fondateur

PERE ROBERTLe Foyer du Père Robert est un ancien orphelinat qui porte le nom de son fondateur, curé de paroisse à Epron avant la dernière guerre mondiale, devenu ensuite un établissement social. L’Abbé Maurice Robert, qui, en 1914, fut nommé à la paroisse d’Epron, voulut fonder une œuvre qui recueillerait les enfants malheureux, « ceux dont on ne veut nulle part ailleurs ».

L’Association Institution Familiale Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ((A.I.F.S.T.) est fondée le 30 Septembre  1928. Déclarée, le 12 mars 1930, elle est reconnue d’utilité publique le 9 août  1937. Le but de l’association consiste à « accueillir les enfants orphelins, malheureux et tous autres qu’on voudra bien lui confier, de les élever dans une atmosphère de famille, de leur donner une éducation et une instruction en rapport avec leurs goûts et leurs aptitudes, de les armer pour les luttes de l’existence » (article 1 des statuts).

L’orphelinat d’Epron connaît très vite son essor. Des terres sont achetées, des bâtiments construits, le directeur est l’architecte, les jeunes remplacent les ouvriers. 14 enfants sont accueillis en 1929, 90 en 1937. C’est une œuvre en plein développement que la guerre vient surprendre en 39. Le Père Robert est envoyé en déportation durant 4 ans pour faits de résistance. L’œuvre continue cependant à vivre malgré la destruction totale des bâtiments durant les combats du débarquement avec le village d’Epron.

1945 voit le retour du Père Robert et l’installation provisoire de l’orphelinat dans le château de Reviers, mis à disposition par le Préfet du Calvados. Épuisé par sa captivité, il reprend les démarches pour remonter l’œuvre, mais la maladie le contraint à l’arrêt de ses activités en 1947. La Congrégation des Salésiens de Don Bosco délègue alors un prêtre pour assurer la marche de la maison.

Le père Robert décède le 5 avril 1948. « Créez des Etablissements comme le mien et vous n’aurez plus d’enfants délinquants » aimait-il à répéter jusqu’à sa mort !

La poursuite et le développement

boscoLes Salésiens de Don Bosco poursuivent l’œuvre entreprise. La reconstruction du Foyer, grâce à l’opération « Epron : village de la Radio » démarre en 1951 pour s’achever en 1954. L’orphelinat du Père Robert devient une œuvre solide, connue sur la place de CAEN et respectée pour la qualité du travail mené auprès d’enfants défavorisés.

En 1970, pour mieux répondre aux  besoins du département du Calvados, l’œuvre se transforme en foyer d’adolescents en difficultés, foyer qui prend le nom de son fondateur et ouvre en Janvier 1971.

Il s’inspire de la pédagogie éducative des salésiens. L’éducation, à la manière de Jean Bosco, prêtre piémontais du XIXe (1815-1888) qui ouvrit à Turin une œuvre au service des jeunes de la rue, est principalement conçue comme une collaboration entre l’éducateur et le jeune. Eduquer ne signifie pas « dresser », mais « s’adresser », on ne peut aider un jeune que s’il souhaite être aidé.

Inspiré par ces références, le Foyer du Père Robert voit passer des générations de jeunes en difficulté. Des directeurs salésiens marquent son histoire,  porteurs et dirigeants de proximité, impliqués dans l’action éducative.

 

 

Une réalité adaptée aux besoins

marianeEn assumant cet héritage, dans un contexte respectueux de la laïcité et des croyances ou non croyances des jeunes accompagnés et de leur famille, le Foyer Père Robert reçoit aujourd’hui en priorité des jeunes bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance du Calvados, et des jeunes confiés par les Magistrats, au titre de l’Assistance éducative ou de l’enfance délinquante. En son sein, des groupes d’internat permettent à des jeunes, avec un lien maintenu avec leurs familles et leurs parents, d’entrer dans une vie centré sur l’échange, la progression, le plaisir du changement, tout en étant confronté à des normes sociales et des règles.

La classe/atelier appelée Ecole Sainte Thérèse complète les actions : une école privée sous contrat simple, accueillant des jeunes dont le niveau scolaire et/ou les troubles du comportement ne permettent pas une scolarisation dans le circuit normal.

 

Le Foyer Père Robert est conventionné par le Conseil Général au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance. Il est habilité par le Ministère de la Justice au titre des articles 375 et suivants du Code Civil, de l’ordonnance du 2 février 1945, du décret du 18 février 1975. Dans les documents de référence établis en 1985 pour la convention et en 1998 pour l’habilitation, l’établissement était autorisé à prendre en charge 30 internes, 3 jeunes en service de suite et six semi internes.

Cette capacité a évoluée ces dernières années. Celle de l’internat a été redéfinie en 2008 dans le cadre d’une commission de contrôle conjointe : services sociaux du département et protection judiciaire de la jeunesse. Pour tenir compte de la configuration des locaux et d’un niveau de sécurité qui soit satisfaisant, elle s’établit à  27 places se répartissant ainsi :

— 14 places sur les groupes au niveau du foyer à Epron

— 10 places sur le groupe appelé Garelli, implanté sur Caen

—  3 places pour des jeunes en situation d’internes externés, c’est-à-dire logés à l’extérieur des structures mais bénéficiant encore d’une prise en charge éducative importante.